Prévenir SA - COVID-19 EMS Maladie professionnelle

Si j’avais une compagnie d’assurance comme voisine, je lui demanderais :

« Est-ce que nos applaudissements, le soir sur nos balcons, sont aussi adressés au personnel des EMS ? »

Ces dernières semaines, tout comme mes collègues, je suis amené à conseiller et soutenir nos clients EMS dans leurs démarches d’annonces de cas auprès des différents assureurs. Pour bien les orienter, mais avant tout pour leur permettre de se libérer du temps qu’ils pourront consacrer à nos séniors, je contacte les compagnies d’assurance et me renseigne sur leurs positions et leurs conditions.

Une de mes questions est de savoir si le Covid-19 peut être reconnu comme maladie professionnelle pour les employés des EMS. En l’état de mes recherches, la réponse varie selon ma voisine de balcon. Leur position aura cependant un impact important. Il s’agit de déterminer qui supportera les coûts des tests de dépistages, des indemnités journalières de quarantaine ou d’incapacités de travail et de savoir si les assurés auront à leur charge une franchise à supporter ou non. Bref, qui du personnel, de l’employeur, de l’assureur ou de l’état règlera les factures ?

Pour conseiller efficacement mes clients EMS, je dois comprendre le système. Ainsi donc, je rassemble toutes les réponses, j’annonce les cas, j’étudie les processus de chacune des compagnies et j’analyse les décisions prises pour chaque cas. Est-ce que le travail administratif est allégé pour nos clients, en première ligne? Les résultats de mon étude sont au moins aussi intéressants que le nombre de réponses différentes que je peux recevoir. Il y a donc de l’espoir, rien n’est figé. Aussi extraordinaire que soit la situation, lois et règlements d’avant le Covid-19 ne peuvent être adaptés aussi rapidement que le virus le commanderait. Mais comme tout évolue, comme tout change, faisons avec, ensemble et autrement.

La présidente de la confédération Simonetta Sommaruga et le conseiller fédéral Alain Berset ont rendu visite jeudi dernier à des EMS, la première à Neuchâtel et le second à Zürich. J’ai lu que Madame la conseillère fédérale s’est dite impressionnée de l’engagement du personnel qui occupe des emplois précaires et qui sont essentiels pour le bon fonctionnement de notre société. De plus, la présidente indique que les EMS jouent un rôle central et qu’il est important qu’ils aient assez de personnel qualifié et rétribué équitablement. A mon sens, il s’agit là d’une reconnaissance, au plus haut niveau, pour le personnel qui s’occupe de personnes particulièrement vulnérables que sont nos aînés. Madame la présidente, si vous étiez ma voisine de balcon, j’aurais pris votre démarche et vos propos comme un oui à ma question.

Une autre de mes voisines, la SUVA, a aussi déjà répondu oui, en confirmant que le Covid-19 pouvait être reconnu comme maladie professionnelle. Dans le cadre des soins dispensés aux pensionnaires, les collaborateurs des EMS, en contact direct avec des personnes ou des objets infectés, peuvent être exposés à un risque considérablement plus élevé que le reste de la population.

Olivier Véran, ministre de la santé de l’une de nos voisines géographiques, a indiqué que le Covid-19 sera reconnu de façon « automatique » comme maladie professionnelle pour le personnel soignant. Cette règle s’appliquera aux soignants quels qu’ils soient et quel que soit leur lieu d’exercice (à l’hôpital, en Ehpad ou en ville). Ainsi, un soignant n’aura pas à démontrer qu’il a été contaminé sur son lieu de travail, il sera considéré qu’il l’a été. Pour les autres professionnels dans ces mêmes domaines d’activités, le lien de causalité devra être établi, il n’est pas automatique.

Ainsi donc, à la question : Est-ce que nos applaudissements, le soir sur nos balcons, sont aussi adressés au personnel des EMS ?, il est fort probable que mes voisines les compagnies d’assurance répondent oui en déclarant le Covid-19 comme maladie professionnelle au vue de la forte probabilité due à l’exercice de leur métier.

Et vous, si vous étiez mes voisins ou voisines de balcon que répondriez-vous ?
Allez ! Je poursuis mes recherches et je vous tiens au courant.

Que vous soyez un EMS ou non, si vous avez besoin d’un soutien dans vos démarches ou d’un conseil dans vos déclarations, mes collègues et moi mettons à votre disposition notre savoir-faire, nos ressources ainsi que notre savoir-être.

Bien à vous,

François Joseph Licodia
032 720 20 84
francois.licodia@prevenir.ch
www.prevenir.ch

Prévenir SA est présent sur Linkedin Follow me on Linkedin

Téléchargez cet article au format PDF en cliquant sur ce lien.