Le Conseil Fédéral décide d'abaisser le taux d'intérêt minimal sur les avoirs accumulés pour la retraite de 2% à 1,5%.
Dans l’actualité financière morose, la nouvelle du 2 novembre 2011 est tombée comme une sanction pour les futurs rentiers suisses. Le Conseil fédéral a décidé de baisser le taux de rendement minimal du 2e pilier de 2% à 1,5% au 1er janvier 2012. Il justifie cette baisse historique par l’évolution négative des fluctuations des marchés financiers. A la fin octobre, le Swiss Market Index avait accumulé une baisse de 11% depuis le début de l’année. «Auparavant, on regardait l’année écoulée pour fixer le taux rémunérateur des avoirs, mais pour la première fois le Conseil fédéral prétexte les difficultés à venir.»
Le taux de conversion des rentes sera diminué de 0,05%, soit à 6,90% pour les hommes et 6,85% pour les femmes. En mars 2010, les Suisses avaient refusé de baisser fortement ce taux à 6,4%.
Introduit en 1985, le 2e pilier a longtemps connu un taux de rendement de 4%. Mais depuis 2004, le taux n’a cessé de baisser pour atteindre 2% en 2009. Déjà à cette époque, l’Association Suisse d’Assurances (ASA) avait fait pression pour obtenir un taux de 1,75%. Les assureurs privés, à travers les PME et autres petites structures, gèrent près de la moitié des cotisations des futurs rentiers.
Le taux minimal est donc un «taux politique» pour les milieux de la prévoyance, un compromis entre ce que demandent les assureurs privés et les représentants syndicaux. Il est toutefois arrimé au taux de rendement des obligations de la Confédération, lui aussi à la baisse par les temps qui courent.
Il est important de comprendre dans ce message que les rentiers actuels, donc au bénéfice de rentes de vieillesse découlant du 2ème pilier, ne sont pas concernés par ces facteurs de réduction.
Raphaël Choffat
Novembre 2011


